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Saint Marc au coeur de l'année du Sacerdoce Saint
Marc écrit pour une Eglise inquiète de l'avenir et
en proie aux divisions. Des voix multiples et inquiètes s'élèvent de toutes part. Les unes pour défendre une vision authentique du sacerdoce, une Eglise qui affiche clairement son identité et ses valeurs face à un monde en pleine dérive. D'autres pour s'inquiéter d'un repli sur soi, d'un renfermement des communautés chrétiennes sur leurs certitudes au détriment du service des plus pauvres et de ceux qui sont le plus éloignés de la foi. Qui a raison ? Le premier mérite du texte de Marc est de nous faire découvrir de l'intérieur les tensions et le manque de confiance des disciples entre eux et envers leur Maître. La querelle pour savoir lequel d'entre eux était le plus grand est bien d'actualité : nous revendiquons parfois un visage d'Eglise qui serait "le vrai" et, bien entendu, le plus grand. La réponse du Seigneur est incontournable :"Celui d'entre vous qui veut être le plus grand, que celui-là se fasse l'esclave de tous". Je ne suis pas seul dans ce "chez moi" qu'est l'Eglise. Il me faut donc apprendre à dire "chez nous" en n'excluant de ce "nous" aucun de ce petits qui comptent pour le Père. Même si, à mes yeux, ils ont tort, si ils s'y prennent mal, ou agissent de travers. La position de l'esclave est déstabilisante car l'esclave n'a aucun pouvoir sur ceux qui entrent et sortent de la maison. Je suis bien chez moi dans l'Eglise mais je n'y ai aucun pouvoir sur les autres sinon de les accueillir et de les servir. Dans ce récit de Marc écrit comme la traversée de Dieu au milieu de la cour des hommes, le Fils du Père révèle le vrai prêtre qu'il est. La réaction la plus courante à l'issue de ce spectacle sur l'Evangile de Marc est la surprise. Surprise devant le manque de foi des disciples, surprise devant le silence qu'impose Jésus à chacun de ses signes de guérison avant qu'il ne se relève de la mort. Surprise de voir combien il accompagne jour après jour ses disciples, les aidant à grandir dans une nouvelle idée du visage de Dieu, à l'opposé de ce qu'ils ont toujours appris. Jamais impatient devant leur manque pourtant évident de confiance en lui, Jésus se révèle lui-même comme le dévoilement d'un Père qui trouve sa joie dans le service des humains. Devant les pharisiens qui défendent la loi, le respect de la règle poussé à l'extrême, devant les chefs du Temple qui défendent la liturgie, le respect du rite qui sépare les croyants des impurs, Jésus est intraitable : le Dieu de la vie n'a d'autre dogmatique que celle de l'amour, celle du service. Tout le reste y est subordonné. Et l'amour n'a aucune consistance s'il s'acoquine avec le moindre désir de pouvoir. Il en va ainsi du syle de vie du fils de l'homme comme du nôtre. Le service de l'amour est notre seul mode d'action, notre seule crédibilité. Servir sans poser de limite à l'inventivité et à la créativité. Le récit de Marc est écrit comme la traversée de Dieu au milieu de la cour des hommes, accompagnateur patient des foules et des disciples. Dans sa passion et sa résurrection, le Fils du Père révèle le vrai prêtre qu'il est et qu'il appelle chacun de ses disciples à devenir. Le "plus grand" est celui qui sert. Notre sacerdoce baptismal dans lequel s'enracine le sacerdoce ministériel sur lequel le pape Benoît XVI nous invite à réfléchir pendant un an, n'a donc d'autre sens que celui du service, excluant toute désir de pouvoir dont la communauté Trinitaire n'a elle-même aucune idée. Voilà aussi sans doute pourquoi le visage de Jean-Marie Vianney nous est montré par Benoît XVI comme figure typique et exemplaire du prêtre : le curé d'Ars fut un grand et vrai serviteur de la Parole - donc de son complémentaire qu'est le service de l'écoute - et de la communion. Eric JULIEN
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